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Cancer : comment aider mes enfants à traverser cette épreuve ?

Tu viens de recevoir un diagnostic. Et au milieu du choc, une pensée s’impose : mes enfants. Comment leur dire ? Comment les protéger ? Comment continuer à être là pour eux quand tu dois aussi te battre pour toi ?



Tu n’es pas seule face à ces questions. Environ 10 % des personnes atteintes d’un cancer ont des enfants de moins de 18 ans. Et il existe des personnes formées spécialement pour accompagner les familles dans ces moments-là — comme les accompagnatrices familiales de la Ligue contre le cancer de Berne.

Irène et Catherine font partie de ces femmes. Voici ce qu’elles nous ont partagé — des mots simples, concrets, qui font du bien.


Tes enfants ressentent tout — même ce que tu ne dis pas. Pas besoin de tout expliquer pour que les enfants comprennent que quelque chose a changé. Ils le sentent dans l’air, dans le silence, dans ton regard. Et souvent, leur première réaction est de se demander s’ils sont responsables de ce qui se passe. C’est normal. Et c’est pour ça qu’il est si important de leur dire ce qui se passe — avec des mots adaptés à leur âge.

Comme le dit Irène, accompagnatrice familiale depuis 13 ans :

« Les enfants ont besoin d’espace pour exprimer leurs sentiments. Quand ils comprennent qu’ils ont le droit d’en parler, quelque chose se libère. »

La colère, la tristesse, la peur — toutes ces émotions sont normales chez un enfant dont un parent est malade. Les nommer, c’est déjà les apprivoiser.


Tu n’as pas à tout porter seule

Une des choses les plus difficiles quand on est malade, c’est de ne plus se sentir capable d’être la maman qu’on était. Tu es épuisée, parfois irritable, souvent absente autrement. Et tu culpabilises.

Catherine, accompagnatrice familiale, a un message pour toi :

« J’explique aux enfants que si leurs parents sont parfois tristes ou irritables, c’est parce qu’ils sont épuisés — et non parce qu’ils les aiment moins. Ils ont vraiment besoin de cette confirmation. »

Tes enfants ont besoin de toi — pas d’une version parfaite de toi. Et des professionnels peuvent prendre le relais pour les accompagner, te donnant ainsi l’espace pour souffler.


Des outils concrets pour ouvrir la conversation

Pas besoin de grandes déclarations. Les accompagnatrices familiales travaillent avec des outils simples et adaptés à l’âge des enfants : livres illustrés, marionnettes, jeux, peinture, figurines en bois.

Ces supports permettent aux enfants de parler de ce qu’ils vivent sans le formuler directement — parce que parfois, les mots ne viennent pas.

Irène nous raconte :

« J’ai déjà fabriqué des épées avec les enfants, avec lesquelles nous combattons symboliquement le « cancer ». Ça leur permet d’exprimer la colère et l’impuissance — et ça ouvre la discussion. »

On peut parler de la mort sans en parler directement. On peut parler de la peur en lui donnant une couleur. On peut parler de la tristesse à travers l’histoire d’un animal malade dans un livre.

Les enfants trouvent leur propre chemin — si on leur en laisse la place.


Chaque enfant est différent — et c’est OK

Il n’y a pas de bonne manière de réagir. Certains enfants seront bavards, d’autres silencieux. Certains pleurent, d’autres jouent comme si de rien n’était — c’est aussi une façon de traverser.

Et la fratrie, c’est encore plus complexe : un enfant de 3 ans et un de 8 ans n’ont pas les mêmes besoins, ni la même compréhension de la situation.

Irène accompagne en ce moment une telle famille :

« Les tout-petits ressentent fortement l’insécurité, sans pouvoir encore la comprendre. Ils ont besoin de sécurité et de repères très clairs. »

Ce que toi, tu peux faire : être cohérente, prévisible, rassurante dans tes routines. Même imparfaitement.


Quand tu accompagnes tes enfants, tu te soignes aussi

C’est le paradoxe : en cherchant de l’aide pour tes enfants, tu t’aides toi aussi. Les accompagnatrices familiales soutiennent les enfants — mais elles t’accompagnent également, toi.


Catherine l’explique :

« En discutant avec les enfants, je vois où ils en sont. Cela m’aide aussi à coacher les parents. J’encourage les mamans et je mets en lumière ce qu’elles font bien. Dans des situations aussi difficiles, reconnaître ses ressources a généralement un effet stabilisateur. »

Tu n’as pas besoin d’être une super-maman. Tu as juste besoin d’être accompagnée.


Ce que tu peux faire dès maintenant

  1. Parle à tes enfants — simplement. Adapte les mots à leur âge. Pas besoin de tout dire : l’essentiel est qu’ils sachent ce qui se passe et qu’ils ne sont pas responsables.

  2. Nomme les émotions. Si tu vois que ton enfant est anxieux, triste ou en colère, dis-le : « Je vois que tu es triste. C’est normal d’être triste. »

  3. Maintiens les routines. Les repas, les heures de coucher, les activités : la régularité rassure les enfants dans le chaos.

  4. Autorise-toi à demander de l’aide. Pour toi, pour eux. Des professionnels existent pour ça.

  5. Rappelle-leur qu’ils sont aimés. Même les jours où tu n’as plus beaucoup d’énergie.


Une ressource en Suisse romande

La Ligue bernoise contre le cancer propose un accompagnement familial à domicile, gratuit, bilingue, pour les enfants de parents malades. Une accompagnatrice vient chez vous, dans l’environnement familier de vos enfants.


T 031 313 24 24  •  info@krebsliga.ch  •  berne.liguecancer.ch


Tu traverses quelque chose d’immense. Et tu penses encore à tes enfants — c’est déjà une forme d’amour extraordinaire.



À propos


Irène Hugi est ancienne enseignante en maternelle et accompagnatrice familiale à la Ligue contre le cancer de Berne depuis 2012.


Catherine Etienne est éducatrice sociale, spécialisée dans l’accompagnement des familles et des enfants. Elle rejoint la Ligue depuis l’été 2025.



 
 
 

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